Passer au contenu principal

VM MEDIAS

VINGT MISSIONS POUR CINQ ANS, LE GOUVERNEMENT FACE AU DEFI DES RESULTATS

Le gouvernement congolais a fixé sa feuille de route pour le nouveau quinquennat. Présenté le 22 juin dernier devant l’Assemblée nationale, le Programme d’action du gouvernement (PAG) 2026-2031 décline vingt missions censées accélérer la transformation économique et sociale du pays, sous le slogan présidentiel « L’accélération de la marche vers le développement ». En 2021, un exercice similaire avait déjà promis douze « batailles prioritaires » ; cinq ans plus tard, leurs résultats restent contrastés. C’est à l’aune de ce précédent que les nouvelles annonces seront jugées.

Pendant plus d’une heure, le Premier ministre congolais, Anatole Collinet Makosso a détaillé devant les députés les grandes orientations de l’action gouvernementale pour les cinq prochaines années : dix priorités, six axes, vingt missions. « Le présent mandat, c’est le temps des missions, » a-t-il affirmé. « Il faut bâtir, livrer et changer le quotidien des Congolais. » Une formule qui résume l’ambition affichée passé des intentions aux réalisations.

Mobiliser davantage de ressources

Première priorité : donner à l’État les moyens financiers de ses ambitions. Le gouvernement veut renforcer ses capacités de financement pour soutenir l’investissement public et les politiques sociales, dans un pays dont l’économie reste fortement dépendante des recettes pétrolières. Le défi consistera à transformer ces ressources en investissements durables, tout en poursuivant la diversification économique déjà engagée : l’agriculture, les mines, le numérique, le tourisme, la culture, le transport et l’économie circulaire.

Agriculture, industrie et emploi au cœur du programme

Le gouvernement veut faire de la production locale un moteur de croissance. L’agriculture et l’industrie figurent parmi les secteurs prioritaires, avec un objectif double : produire davantage sur place et créer des emplois, en particulier pour les jeunes. L’emploi reste l’un des principaux enjeux du quinquennat : pour une population jeune, l’accès à un travail stable demeure le baromètre le plus concret de l’efficacité des politiques publiques bien plus que les taux de croissance affichés dans les discours officiels.

Des infrastructures pour désenclaver le pays

Routes, équipements publics, réseaux essentiels : les infrastructures doivent accompagner le développement économique et rapprocher les territoires. Mais au-delà de la construction, l’enjeu portera surtout sur l’entretien et la qualité des ouvrages livrés. Pour les populations, le bilan du quinquennat se mesurera moins au nombre de chantiers annoncés qu’à leur achèvement effectif.

Électricité, eau et services essentiels

Le gouvernement place aussi les droits sociaux et l’amélioration des conditions de vie parmi ses priorités. Dans les villes comme en zone rurale, l’accès à l’électricité, à l’eau, à l’assainissement, à la santé et à l’éducation reste un défi quotidien. Le PAG entend investir davantage dans le capital humain, avec l’ambition de faire du développement autre chose qu’un simple agrégat économique.

Réformer l’administration

Le gouvernement veut aussi s’attaquer aux dérives administratives et améliorer la gouvernance publique. Le message est clair : l’État doit être capable de mettre en œuvre ce qu’il annonce. C’est précisément là que se joue le principal risque du programme : entre les annonces, les budgets votés et les réalisations sur le terrain, l’exécutif devra démontrer sa capacité à transformer vingt missions en résultats mesurables l’écueil sur lequel le précédent quinquennat a le plus trébuché.

Innovation et environnement

Le PAG 2026-2031 accorde aussi une place à l’innovation et à la protection de l’environnement, deux domaines sensibles pour un pays doté d’un patrimoine forestier considérable et de ressources naturelles importantes. L’enjeu sera de concilier exploitation économique et préservation des écosystèmes, notamment dans la filière bois, où le Congo cherche à développer la transformation locale pour capter davantage de valeur ajoutée sur son territoire.

Le véritable test : l’exécution

Conformément à l’article 103 de la Constitution, la présentation du 22 juin n’a donné lieu à aucun débat parlementaire un exercice obligatoire mais purement déclaratif. C’est maintenant que commence le plus difficile : passer du programme à l’exécution.

D’ici 2031, les Congolais pourront juger ces vingt missions à l’aune de résultats concrets : davantage d’emplois, une économie moins dépendante du pétrole, une agriculture plus productive, des routes praticables, une électricité plus stable, un meilleur accès aux services sociaux et une administration plus efficace. Le précédent quinquennat avait fixé des objectifs comparables ; leur bilan mitigé rappelle que l’ambition d’un programme se mesure toujours a posteriori, sur le terrain pas dans l’hémicycle.

Vous ne pouvez pas copier le contenu de cet article