Réunis à Brazzaville pour l’atelier national de validation du plan de mise en œuvre et d’investissement de la CDN 3.0, le gouvernement congolais, le Système des Nations Unies et les partenaires techniques et financiers ont scellé une alliance stratégique pour concrétiser les ambitions environnementales et socio-économiques du pays.
Face aux défis climatiques croissants qui frappent le territoire national, marqués par l’érosion côtière, la perturbation des cycles agricoles et des inondations sévères comme celles observées dans le département de la Likouala touchant près de 17 000 personnes, la République du Congo intensifie son action. Cet atelier national constitue une étape déterminante pour transformer les engagements climatiques en une trajectoire de développement concrète et mesurable.
Le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies en République du Congo, Abdourahamane Diallo, a salué à cette occasion le leadership visionnaire du pays et l’élaboration d’un portefeuille structuré de près de 200 actions couvrant l’énergie verte, l’agriculture résiliente et la protection des forêts. Il a souligné l’urgence d’agir en affirmant : « Excellence, mesdames et messieurs, nous le savons tous, l’urgence climatique n’est plus une prévision lointaine, elle est notre réalité quotidienne. Le document soumis aujourd’hui à notre validation collective traduit ces ambitions environnementales en une trajectoire de développement socio-économique concrète, inclusive et mesurable. »
Ouvrant officiellement les travaux de cet atelier, la Ministre de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement durable, Arlette Soudan-Nonault, a rappelé que l’engagement écologique du pays s’inscrit profondément dans les fondements constitutionnels de la nation et la vision du Président de la République. Insistant sur la nécessité de doter les ambitions politiques de moyens financiers tangibles ( après le succès de la première table ronde des bailleurs de fonds ayant mobilisé 3,65 milliards de dollars en faveur du Fonds Bleu), la ministre a déclaré : « Pour la République du Congo, l’enjeu est clair. Il ne suffit pas de prendre des engagements, encore faut-il se donner les moyens de les réaliser. » Elle a également profité de cette tribune pour annoncer officiellement que Brazzaville abritera en 2028 le Sommet Africain sur le Climat lors de sa troisième édition.
Pour garantir le succès de cette transition, la mise en œuvre de la CDN 3.0, dont les besoins globaux sont évalués à 8,88 milliards de dollars USD pour la période 2026-2035, doit s’articuler étroitement avec les outils de planification nationale. Denis Kireche, Spécialiste de l’engagement pays du NDC Partnership, a rappelé l’importance de cette synergie institutionnelle : « La validation de ce plan d’investissement est une étape importante, mais sa véritable portée dépendra de sa mise en œuvre et de sa capacité à mobiliser des financements. À cet égard, il est essentiel que la mise en œuvre de la CDN 3 soit pleinement articulée avec le prochain plan national de développement, le PND, actuellement en cours de finalisation. »
À l’approche de la COP 31, qui se tiendra en Turquie, la République du Congo montre qu’il est possible de protéger ses forêts et ses tourbières tout en faisant croître son économie.