Les résultats de l’étude phytosanitaire des cultures de manioc et des arbres fruitiers de la zone pétrolière ont été restitués ce 17 septembre 2026 à Loango, dans le département du Kouilou. L’atelier a réuni autorités locales, chercheurs, services techniques, responsables de la société civile et représentants des communautés.
Organisé par la Commission Justice et Paix de l’archidiocèse de Pointe-Noire, avec l’appui technique de l’Institut National de Recherche Forestière et de l’Institut de Recherche Agronomique, cet atelier avait pour objectif de présenter les résultats des travaux menés dans plusieurs villages situés autour des zones d’exploitation pétrolière.
L’étude consacrée aux arbres fruitiers a porté sur onze villages (Tchimbouissi, Ntoto-Siala, Tchikanou, Mboukou, Malelé, Tchikoulou, Mboubissi, Loemé, Djeno, Banga-Cayo et Tchissindi). Elle s’est intéressée notamment à l’état phytosanitaire des vergers. Plusieurs pathologies ont été observées, parmi lesquelles l’anthracnose, la fumagine, la gale du safoutier, la pourriture et la momification des fruits ainsi que le dépérissement de certaines plantes.
L’autre volet de l’étude concerne les exploitations agricoles, notamment la culture du manioc autour des zones pétrolières de Boundji et Tchiamba-Nzassi. Les chercheurs ont relevé plusieurs problèmes phytosanitaires, dont la mosaïque du manioc, ainsi que des contraintes liées à l’état des sols dans les zones étudiées.
Pour l’abbé Benjamin Samanou, Coordonnateur de la Commission Justice et Paix, les résultats présentés doivent susciter une attention particulière sur les conditions de production des communautés riveraines.
« Sur la base des observations et des enquêtes menées, le constat qui en résulte nous préoccupe, nous interpelle et nous impose une lucidité totale. L’analyse globale de nos terres révèle que l’état phytosanitaire actuel de nos exploitations fruitières et agricoles fait face à une pression pétrolière sans précédent, menaçant ainsi directement les rendements et la souveraineté alimentaire. »

La Commission Justice et Paix défend également une approche fondée sur l’écologie intégrale, en établissant un lien entre la santé des sols, l’agriculture et les conditions de vie des populations.
Du côté des chercheurs, plusieurs recommandations ont été formulées pour améliorer les pratiques agricoles et préserver la fertilité des sols. Le Dr Budel Wiskler Nzobadila Kindiela propose notamment de limiter le brûlage de la biomasse et de développer la jachère améliorée.
« Nous proposons qu’on sensibilise et forme les agriculteurs de ne pas brûler la biomasse, que ce soit les défriches, que ce soit les résidus de récoltes, tout cela. Qu’on ne brûle pas, c’est la matière organique, mais on peut à la rigueur l’enfouir. Nous proposons aussi de promouvoir la jachère améliorée. »
Représentant le préfet du Kouilou, le secrétaire général du département, Jean-Baptiste Diamounzo Kionga, a insisté sur la portée des résultats présentés.
« La question qui nous réunit aujourd’hui dépasse largement le cadre d’une simple étude scientifique, elle touche directement à la vie quotidienne de nos populations rurales. La sécurité alimentaire de nos populations ne peut donc être dissociée de la protection de leur environnement et de la préservation de leur capacité à produire. Les conclusions de l’étude doivent être considérées comme un point de départ. »
La restitution doit désormais permettre aux différents acteurs de poursuivre les échanges autour des recommandations formulées et des réponses à apporter aux difficultés rencontrées par les producteurs de la zone pétrolière.