Pour la première fois, les campagnes Septembre en or, Octobre rose et Novembre bleu sont regroupées en une seule offensive nationale de 90 jours. Le lancement officiel a eu lieu lors d’une concertation nationale organisée par le Programme national de lutte contre le cancer (PNLC), sous le thème « Tous unis contre le cancer ».
Le directeur de cabinet du ministre de la Santé et de la Population, le Pr Donatien Moukassa, a ouvert les travaux au nom du ministre et lancé officiellement la 32ème édition d’Octobre Rose. Il a dressé un constat alarmant : le cancer est la troisième cause de mortalité chez l’adulte au Congo. « Le cancer progresse plus vite que la réponse institutionnelle de notre pays », a-t-il reconnu.
Selon les données Globocan citées, le Congo est passé de 2 478 nouveaux cas en 2020 à 2 727 en 2022, avec 1 732 décès. Chez les enfants, 70 % des cas sont diagnostiqués tardivement. « La mortalité reste élevée parce que nos populations arrivent trop tard dans nos formations sanitaires », a-t-il expliqué.
La Directrice du PNLC, Judith Nsonde Malanda, a insisté sur le passage à l’action : « Le mois d’octobre ne doit plus être seulement un simple slogan. » Elle a promis d’aller au contact des Congolais dans les départements.
Pour l’Organisation mondiale de la santé, Guy Michel Mbemba a rappelé l’ampleur du fléau : « Chaque minute, 4 femmes sont diagnostiquées avec un cancer du sein et une femme en meurt. » Il a toutefois souligné qu’un cancer dépisté tôt et bien traité a de fortes chances d’être guéri, et il a réaffirmé l’engagement de l’OMS et des partenaires.
Cette campagne vise à :
– sensibiliser au moins 400 000 personnes de plus de 12 ans dans les 15 départements ;
– offrir un dépistage gratuit à au moins 20 000 personnes ;
– former 500 professionnels de santé et relais communautaires ;
– encourager la vaccination contre le HPV chez les filles de 9 à 13 ans.
« Nous ne ferons plus seulement Octobre Rose, nous allons expérimenter une approche tricolore, inclusive et multisectorielle », a annoncé le Pr Moukassa. Il s’est adressé aux leaders communautaires, aux médias et à la population : « Le dépistage précoce n’est pas une condamnation, c’est une chance. »
Pendant deux jours, ministère, sociétés savantes, associations et entreprises échangeront pour élaborer une feuille de route commune.